Après l’attentat contre une école de Brindisi, Wu Ming 1 a écrit à chaud un texte qui développe l’hypothèse d’une reprise de la stratégie de la tension. S’en est suivi, comme presque toujours sur Giap, le site des Wu Ming, une série d’interventions qui aide à réfléchir.
J’ai mis ce commentaire (que je vous traduis) :
Désormais, tout peut arriver, et même que la vérité officielle soit la vérité tout court. Avez-vous pensé aussi à l’hypothèse du « loup solitaire » ? Avez-vous pensé à un Breivik italien ? Même derrière les grimaces intégristes, un personnage comme le tueur de Toulouse entre dans ce cadre. Désormais notre société est enceinte de beaucoups de petits monstres qui se sont « faits tout seuls ».
WM1 m’a répondu :
L’histoire de la stratégie de la tension en Italie, de Portella delle Ginestre * à aujourd’hui, enseigne qu’on peut assister à de nombreuses interactions : mafia et néofascisme, services secrets et pègre, armées anticommunistes « en sommeil » et représentants du Vatican, franc-maçonnerie et finance, etc. Diverses forces ont intérêt à « stabiliser en déstabilisant » et quelquefois, elles en discutent entre elles en organisant des attentats. Les attentats-massacre de 92-93** furent un « débat » entre la mafia et une partie du monde politique, deux secteurs du pouvoir constitué dont l’intérêt était que la crise post-« Mains Propres », ne produisent pas des résultats incontrôlables.
Ce n’est pas du complotisme, c’est l’histoire documenté de ce pays.
Il pourrait aussi exister un tueur « fait tout seul » manœuvré à distance, un tueur qui se serait « fait tout seul » et aurait été laissé agir par quelqu’un pour pouvoir instrumentaliser l’acte par la suite. Ce pourrait être un « rouage devenu fou » des appareils de l’Etat ou du crime organisé.
En tout cas, je copie et colle une phrase qui conclut un article lisible en cet instant même sur le site de la Repubblica :
« On a parlé aussi de terroristes anarchistes venus de Grèce et on est en train de contrôler toutes les listes de passagers des bateaux venant de ce pays. »
Nous voilà, grâce à cette spectaculaire connerie, à l’épouvantail de la subversion grecque.
*Le 1er mai 1947, en ce lieu montagnard proche de Palerme, le bandit Salvatore Giuliano et ses hommes tirèrent sur un rassemblement de paysans venus manifester contre les grands propriétaires et pour fêter la victoire du bloc de gauche aux élections régionales. 11 morts et 7 blessés.
**A ce sujet, on peut lire le roman de De Cataldo, La forme de la peur, Métailié




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